Cartas De Mi Molino
1869

A dilapidated windmill in the Provençal hills becomes the unlikely sanctuary of a writer seeking escape from Parisian life. In these luminous letters, Alphonse Daudet transforms his humble retreat into a stage for the rich theater of rural France: the curé of Cucugnan whose congregation shrinks to a single faithful soul, the stubborn goat of M. Seguin who refuses captivity, the wily sous-préfet outwitted by cunning peasants. Daudet writes with an artist's eye for landscape and a humorist's affection for human folly, painting the sun-drenched hills, the whispering pines, and the lavender-scented wind with the tender precision of someone who has found his true home. Yet beneath the gentle mockery lies deep reverence for a world where time moves slowly and characters possess a dignity all their own. These are stories that never grow old because they speak to something eternal: the longing for simplicity, the comedy of pride, and the grace found in paying attention to the world around us. For readers who crave quiet beauty and stories that feel like conversations with a wise, witty friend.
Editions
X-Ray
“Et comme j’essayais de lui expliquer ce que c’était que ces mariages, je sentis quelque chose de frais et de fin peser légèrement sur mon épaule. C’était sa tête alourdie de sommeil qui s’appuyait contre moi avec un joli froissement de rubans, de dentelles et de cheveux ondés. Elle resta ainsi sans bouger jusqu’au moment où les astres du ciel pâlirent, effacés par le jour qui montait. Moi, je la regardais dormir, un peu troublé au fond de mon être, mais saintement protégé par cette claire nuit qui ne m’a jamais donné que de belles pensées. Autour de nous, les étoiles continuaient leur marche silencieuse, dociles comme un grand troupeau ; et par moments je me figurais qu’une de ces étoiles, la plus fine, la plus brillante ayant perdu sa route, était venue se poser sur mon épaule pour dormir..””
— Alphonse Daudet
“Mais oui, maîtresse... Tenez ! juste au-dessus de nous, voilà le Chemin de saint Jacques (la Voie lactée). Il va de France droit sur l’Espagne. C’est saint Jacques de Galice qui l’a tracé pour montrer sa route au brave Charlemagne lorsqu’il faisait la guerre aux Sarrasins. Plus loin, vous avez le Char des Ames (la Grande Ourse) avec ses quatre essieux resplendissants. Les trois étoiles qui vont devant sont les Trois Bêtes, et cette toute petite contre la troisième c’est le Charretier. Voyez-vous tout autour cette pluie d’étoiles qui tombent ? Ce sont les âmes dont le bon Dieu ne veut pas chez lui... Un peu plus bas, voici le Râteau ou les Trois Rois (Orion). C’est ce qui nous sert d’horloge, à nous autres. Rien qu’en les regardant, je sais maintenant qu’il est minuit passé. Un peu plus bas, toujours vers le midi, brille Jean de Milan, le flambeau des astres (Sirius). Sur cette étoile-là, voici ce que les bergers racontent. Il paraît qu’une nuit Jean de Milan, avec les Trois Rois et la Poussinière (la Pléiade), furent invités à la noce d’une étoile de leurs amies. Poussinière, plus pressée, partit, dit-on, la première, et prit le chemin haut. Regardez-la, là-haut, tout au fond du ciel. Les Trois Rois coupèrent plus bas et la rattrapèrent ; mais ce paresseux de Jean de Milan, qui avait dormi trop tard, resta tout à fait derrière, et furieux, pour les arrêter, leur jeta son bâton. C’est pourquoi les Trois Rois s’appellent aussi le Bâton de Jean de Milan... Mais la plus belle de toutes les étoiles, maîtresse, c’est la nôtre, c’est l’Etoile du Berger, qui nous éclaire à l’aube quand nous sortons le troupeau, et aussi le soir quand nous le rentrons. Nous la nommons encore Maguelonne, la belle Maguelonne qui court après Pierre de Provence (Saturne) et se marie avec lui tous les sept ans””
— Alphonse Daudet
“Dünyada beyinlerinin gücüyle hayatlarını kazanmak zorunda kalan ve en ufak gereksinimlerini bile beyin ve omurilik sıvılarının birikimleriyle karşılayan o kadar insan var ki. Onlar için her gün katlanılmaz bir kederdir ve bir gün o keder çekilmez olduğunda...””
— Alphonse Daudet
“Çok az kişinin anlayıp hakkını vereceği bir uğraş için neden bu kadar çabaladığını sorduklarında şu dediklerimi hatırka: 'Birkaç kişi anlasa da bana yeter, bir kişi bile yeter, hatta kimse anlamasa da razıyım.””
— Alphonse Daudet










