“Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux; Retiens les griffes de ta patte, Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux, Mêlés de métal et d'agate. Lorsque mes doigts caressent à loisir Ta tête et ton dos élastique, Et que ma main s'enivre du plaisir De palper ton corps électrique, Je vois ma femme en esprit. Son regard, Comme le tien, aimable bête, Profond et froid, coupe et fend comme un dard, Et, des pieds jusques à la tête, Un air subtil, un dangereux parfum, Nagent autour de son corps brun.””
Quotes by Charles Le Beau
“Que j'aime voir, chère indolente,De ton corps si beau,Comme une étoffe vacillante,Miroiter la peau!Sur ta chevelure profondeAux acres parfums,Mer odorante et vagabondeAux flots bleus et bruns,Comme un navire qui s'éveilleAu vent du matin,Mon âme rêveuse appareillePour un ciel lointain.Tes yeux où rien ne se révèleDe doux ni d'amer,Sont deux bijoux froids où se mêlentL’or avec le fer.A te voir marcher en cadence,Belle d'abandon,On dirait un serpent qui danseAu bout d'un bâton.Sous le fardeau de ta paresseTa tête d'enfantSe balance avec la mollesseD’un jeune éléphant,Et ton corps se penche et s'allongeComme un fin vaisseauQui roule bord sur bord et plongeSes vergues dans l'eau.Comme un flot grossi par la fonteDes glaciers grondants,Quand l'eau de ta bouche remonteAu bord de tes dents,Je crois boire un vin de bohême,Amer et vainqueur,Un ciel liquide qui parsèmeD’étoiles mon coeur!””
“Le beau est toujours bizarre””
“SpleenJe suis comme le roi d'un pays pluvieux,Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,Ni son peuple mourant en face du balcon.Du bouffon favori la grotesque balladeNe distrait plus le front de ce cruel malade;Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,Ne savent plus trouver d'impudique toilettePour tirer un souris de ce jeune squelette.Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais puDe son être extirper l'élément corrompu,Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,II n'a su réchauffer ce cadavre hébétéOù coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé //I'm like the king of a rain-country, richbut sterile, young but with an old wolf's itch,one who escapes his tutor's monologues,and kills the day in boredom with his dogs;nothing cheers him, darts, tennis, falconry,his people dying by the balcony;the bawdry of the pet hermaphroditeno longer gets him through a single night;his bed of fleur-de-lys becomes a tomb;even the ladies of the court, for whomall kings are beautiful, cannot put onshameful enough dresses for this skeleton;the scholar who makes his gold cannot inventwashes to cleanse the poisoned element;even in baths of blood, Rome's legacy,our tyrants' solace in senility,he cannot warm up his shot corpse, whose foodis syrup-green Lethean ooze, not blood.”
Charles Le BeauCharles Le Beau was a prominent French historical writer known for his extensive work on the history of the Byzantine Empire. Born in Paris, he received his education at the Collège de Sainte-Barbe an...