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François Mauriac

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VIE DE MAURIAC LA vie de Mauriac a surtout comporté des aventures intérieures. Du dehors, elle s'est écoulée facile et unie, allant des succès aux honneurs. François Mauriac est né à Bordeaux en 1885. Il tient à sa ville natale, à sa province gasconne, au terroir landais par toutes ses fibres. Peu d'écrivains contemporains ont été aussi marqués par leurs origines. Barrés s'est voulu Lorrain, mais il n'était Lorrain que de volonté. Gide, Normand mâtiné de Languedocien, ne savait où s'enraciner. Péguy tient à la Beauce et à ses ancêtres vignerons, mais d'une liaison moins organique, moins instinctive, moins exigeante que celle qui attache Mauriac à la France du sud-ouest. Mauriac a été un enfant triste, rêveur, passionné. Il n'a pas connu son père, qui mourut lorsque François n'avait que vingt mois. Il a été élevé par sa mère, profondément catholique. Faut-il attribuer à cette éducation féminine et religieuse les qualités féminines, l'âme frissonnante, la sensibilité exaspérée, la nervosité crispée de Mauriac? Racine, l'ex-tendre Racine, était orphelin de mère. Toujours est-il que le milieu familial a façonné Mauriac d'une manière aussi décisive que le milieu régional. Il y a puisé en particulier tous les sucs chrétiens et un filet de poison janséniste. Il est de ces tempéraments sur lesquels la religion " prend ", comme un vaccin. L'enseignement des Frères de Marie, au Grand-Lebrun, a renforcé sur lui l'emprise du catholicisme. Il est catholique comme il est Girondin, dans sa chair et dans son âme. Si l'on signale enfin l'aisance bourgeoise qui devait le mettre à l'abri des drames de l'argent et lui assurer l'indépendance, on aura abattu les maîtresses cartes qu'il a reçues dans son jeu. Son adolescence a été éclairée par des amitiés de choix : André Lafon, Jean de la Ville de Mirmont : deux poètes marqués pour la grande tuerie de 1915. En leur société, il s'épanouissait à la poésie. Elle a surtout été déchirée par des combats spirituels, moins brutaux peut-être que la bataille d'hommes dont parle Rimbaud, mais longs à apaiser leurs remous, et singulièrement riches de résonances. Très tôt, Mauriac sent qu'il porte en lui un principe de division. C'est son cœur qui est partagé, et non son esprit. Ce n'est pas un intellectuel; il ne heurte pas son intelligence (...)

Details

OL Work ID
OL10429457W

Subjects

French literature

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Book data from Open Library. Cover images courtesy of Open Library.